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Christina Haralanova et le féminisme libriste à Montréal

Aujourd'hui, c'est la journée Ada Lovelace, une anglaise du milieu du 19 eme siècle qui est considérée comme étant l'une des première programmeuse de l'histoire. Elle est l'une des figures mythiques de l'informatique et du féminisme... Et donc du féminisme informatique (s'il en est un). J'ai découvert Ada Lovelace le biais de Christina Haralanova, qui est mon introductrice principale à la considération féministe des technologies. C'est d'elle dont je voudrais parler aujourd'hui. 

Christina a cette simplicité et ce sourir franc qui rassure et vous mets à l'aise. Et la force des gens qui vont jusqu'au bout de leurs intrigue et de leur intérêts. Si Christina a cet air si nature, elle n'en est pas moins très urbaine et technicienne. D'origine Bulgare, à 9-10 ans, elle suivait
profitait des cours d'informatique donnés par le mari de sa prof de math, en dehors des heures d'école... et appris à coder en Basic et en Pascal dès son plus jeune âge, dans un environnement mixte (autant de filles que de gars dans cette petite classe d'informatique).
Son intérêt pour les mathématiques et pour l'informatique trouvait quelques autres nourritures dans la maison familiale, étant entourée des livres deprogrammation de son père. C'est à Sofia qu'elle allait entendre parlé de hacker et de leur philosophie. Un de ces amis, qui tenait un kiosque à journaux lui fit découvrir un nouveau magazine qui s'appelait Linux. Coup de foudre pour la philosophie derrière le projet. Un ami et collègue lui donne son vieux laptop IBM Thinkpad. Quelques jours plus tard, de voyage en Belgique, elle rencontre un militant du libre québécois (qui allait devenir son mari) et avec qui discute de Linux qu'elle ne connait alors qu'en théorie. Il lui dit de se lancer. En rentrant en Bulgarie, elle découvre un livre portant sur RedHat et le soir elle tombe dans le journal sur une annonce pour une install fest et se promete d'y aller. Elle se souvient « Quand je suis entrée dans la petite chambre, avec probablement 30 ordis, et 50 gars.. moi toute seule, une fille ... c'était drôle. » Installation convainquante à part le dial
up qui refuse de fonctionner. La semaine d'après, un libriste qui
avait trouvé la solution à son problème lui donne rendez vous dans
une station d'autobus pour lui réparer sa connexion. Le goût pour
l'entraide est vraiment fort et le respect très touchant. L'
Install-fest suivante sera filmée par la télévision et ce sera
l'occasion de la création de la Free Software Association – Bulgaria dont Christina rentrera rapidement au Conseil d'Administration. Elle fondera plus tard une association de promotion du libre, avant d'émigrer au Québec, pour y mener une maitrise sur la place des femmes dans les logiciels libres.
C'est ainsi que j'ai pu la rencontrer, moi petite utilisatrice qui ne savait pas trop comment mettre des mots sur la grande rareté des femmes dans le milieu du libre, sur la façon dont on était regardé par ce monde masculin, sur ce que les femmes apportaient à ce milieu là. J'ai compris que les femmes n'avaient pas leur pareil pour médier l'intérêt du
libre, organiser des rencontres, des ateliers, des événements,
ouvrir la communauté aux non-initié-e-s. Il y a une poignée de
femmes, à Montréal, qui travaille ainsi. Nous ne nous connaissons
pas toute, nous sommes éparpillées. Christina de part ses
recherches, nous rencontrent peu à peu, femmes du libre, femmes
libristes, femmes libres ? Ferons-nous réseau, ferons-nous sens, ferons-nous communauté ? Boulvereserons nous de quelques bytes les
rapports si masculinement genrés aux technologies informatiques ?
Christina nous en parlera, dans sa maitrise et ailleurs, au sein des multiples événements auxquels elle participe à Montréal et ailleurs dans le monde.

 

 

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